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Qu’est-ce que la joie?

Les philosophies et courants de pensée donnent depuis toujours à la joie une interprétation qui leur est propre. Mais elle garde, pour les chrétiens, un sens premier, fondamentalement ancré dans le divin.
Sandrine Chansel

Selon Nietzsche, la joie est la «capacité d’approbation de l’existence malgré son caractère tragique». Chez Platon, la joie est à rapprocher du terme mania (délire, folie en grec), et le dictionnaire Larousse parle d’un «désir satisfait d’une manière réelle ou imaginaire». Dans la Bible enfin, le livre des Actes nous parle de la joie surhumaine expérimentée par les premiers chrétiens au milieu des persécutions.
Cela signifie-t-il que pour avoir l’expérience d’une joie continue, il faut nécessairement être irrationnel, fou, ou choisi pour une mission transcendantale?

Vraie ou fausse joie?

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En psychologie, on oppose la fausse joie, qui clame naïvement que tout va bien se terminer, à la vraie qui clame que ça va mal se terminer, mais qu’il ne faut pas se décourager. La joie est aussi nommée «pulsion de vie» en psychanalyse: elle constitue, selon Jean-Pierre Winter, psychanalyste, «chaque petite victoire sur le morbide, la répétition, l’ennui ou la haine.»
Ilios Kotsou, docteur en psychologie, parle aussi de la «joie» des enfants, et bien avant lui, Jésus nous a demandé de prendre les enfants en exemple. En quoi? Peut-être justement dans l’expression de cette joie contagieuse, persévérante, comme innée, qui s’affiche tant sur les visages dans les bidonvilles que sur ceux dans nos cours d’école.

La joie, défi à l’explicable?

Plus qu’un bonheur naïf pour certains ou qu’une perte de contrôle pour d’autres, Spinoza parle de la joie comme du «passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection», augmentant les forces et la réalisation de soi. Leibniz distingue deux termes qui expriment la joie: laetitia, qui s’exprime dans la possession d’un bien, et gaudium, qui est la jouissance paisible qui n’est soumise à aucune condition extérieure au sujet. Pour Henri Bergson enfin, toute grande joie est un accomplissement, un achèvement et la conséquence d’une création, comme la naissance d’un enfant.

La joie comme renaissance

Dans la Bible, la «naissance» est présente mais ne concerne pas l’issue biologique qui nous amène sur terre: on y parle plus précisément de «nouvelle naissance» ou encore de «nouvelle création» et elle nous catégorise aussi comme des enfants. Le terme de «grâce irrationnelle», que le philosophe Clément Rosset choisit pour définir la joie, semble être parfaitement adapté pour décrire l’acte de Jésus à la croix pour sauver l’humanité. Contre toute rationalité et tout entendement, et ce de manière gratuite («grâce»), nous pouvons accéder à une «nouvelle naissance» dans la reconnaissance de cet acte parfait. Nous passons alors d’êtres «finis» , suffisants et orphelins, à des êtres accédant à la vie éternelle, appelés enfants de Dieu et dépendants de lui.

Si telle est la définition profonde de la joie, tout s’explique. La folie, le décrochage, le dépassement de soi: le divin. Celui qui est en nous, qui nous connecte à Dieu chaque jour et nous laisse un goût amer de gâchis ou de trou béant tant qu’on ne l’a pas trouvé.
La joie est pour tout le monde, et c’est Jésus lui-même qui la donne à qui la veut: son amour est la source – parfaite – de notre joie, en tout temps, en toute circonstance, face à n’importe quelle adversité. Il est un cadeau, une «grâce irrationnelle», une «folie» que Paul nous encourage à entretenir alors qu’il est au fin fond d’un cachot dans sa lettre aux Philippiens. La joie est une claque, un magistral soufflet à la face d’un monde qui souffre de son orgueil. Elle n’est pas naïve, c’est une arme tranchante pour nous, pour les autres, qui donne accès à la lumière.

Dossier: La joie de l'Eternel est ma force

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