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L’addiction à la pornographie chez les femmes

Avant 17 ans, 52% des adolescents, dont 39% de filles, ont déjà visionné une vidéo pornographique. En France comme en Suisse, environ une femme sur cinq visionne souvent des contenus X, avec une nette concentration parmi les jeunes adultes. Décryptage.
Sandrine Chansel

Le nombre de femmes regardant du porno est en constante augmentation. D’après une étude menée fin 2020 par l’université de Valparaiso, dans l’Indiana (USA), les consommatrices de pornographie sont généralement jeunes (18-35 ans), plus éduquées que celles qui n’en consomment pas, et plus ouvertes sur les questions de sexe et sur la masturbation, en particulier.

Les chrétiennes ne sont pas épargnées.

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Laura (prénom modifié), trente ans, accepte de nous livrer son témoignage: «J’ai commencé à me masturber à l’âge de huit ans. Je découvrais mon corps, sans savoir de quoi il s’agissait. Puis à vingt ans, j’ai commencé à consommer de la pornographie. Je n’avais jamais connu d’homme, et cela m’intriguait. C’était d’abord des images et des films sur l’ordinateur, puis je me suis mise à en visionner partout. Au bout de quelques mois, je n’arrivais plus à me maîtriser. Mon corps en voulait, avait besoin de cela, le cherchait. Tout était potentiellement excitant: un bruit, une lumière… J’ai même commencé à regarder différemment les gens qui m’entouraient.»

Au bout d’un an et demi, Laura a décidé d’en parler à son pasteur, ce qu’elle regrette: «On peut s’imaginer, peut-être encore plus quand on est chrétien, que ceux qui tombent dedans sont sales, mauvais. J’ai vu mon pasteur changer de comportement à mon égard. Je sentais que je l’avais déçu, presque comme s’il était dégoûté…»

Elle ajoute: «Moi, je pensais qu’il pouvait m’aider, parce que je savais qu’avec Dieu on avait un espoir… Je ne savais juste pas comment faire. Entre savoir que Dieu pouvait me délivrer et la réalité de mon quotidien, comment que fallait-il faire concrètement?»
Thérèse Hargot, sexologue et essayiste, conseille nombre de jeunes. Ils représentent un quart de sa clientèle. Ils sont, selon elle, désemparés, en proie à leur consommation addictive «qui ne parvient plus à calmer leur mal-être initial.» Pour la spécialiste, c’est ce malaise-là qui est à identifier.

Et dans les Eglises?

«Tout ce qui concerne le sexe y est hyper tabou. Le fait de ne jamais aborder certains sujets peut constituer un véritable piège: on parle de sanctification, de pureté, et c’est une bonne chose. Mais on vit dans une société hyper sexualisée, et ça, on n’en parle pas, alors que personne n’y échappe», déplore Laura.
A 26 ans, Laura rencontre un ami qui saisit son mal-être et lui propose de «la suivre». Dieu lui montrait des choses en moi, et il ne m’a pas jugée. Ça m’a encouragée à me confier à lui», dit-elle. «Il a pris du temps pour discuter avec moi, aller en profondeur, comprendre l’origine de ce que je vivais. Cette fois-ci, je n’étais plus toute seule! C’est Dieu qui l’a mis sur ma route, car en tant que femme, ce n’est pas quelque chose dont on peut parler avec les hommes. Il m’a puissamment aidée.»

Aujourd’hui, je remercie Dieu, parce qu’à travers tout ça, il m’a appris à vivre une plus grande intimité avec lui.

«Je dois toujours être vigilante»

Laura, délivrée de son addiction depuis six mois, identifie aussi «la solitude», «l’ennui» et certaines «difficultés de la vie» comme de véritables terrains glissants vers une éventuelle rechute. «J’ai dû apprendre à combler mes vides», explique-t-elle. «Ça m’a permis de plus me confier en Dieu, de prier autrement. Aujourd’hui, je remercie Dieu, parce qu’à travers tout ça, il m’a appris à vivre une plus grande intimité avec lui, à le connaître comme un vrai papa et à me voir à travers ses yeux, comme quelqu’un de bien, quelqu’un de beau, quelqu’un de valeur. J’ai appris à faire descendre dans mon cœur ce que j’avais appris avec ma tête. Cette démarche a bouleversé mon identité. Et si demain je rechute, Dieu ne me rejette pas. C’est comme ça que j’ai compris ma responsabilité de lui plaire encore plus, à cause de son grand amour pour moi.»

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Pour se libérer de la pornographie

  • Chrétien et libre de la pornographie David Houstin, disponible gratuitement en ligne
  • Etre libre c’est possible! Heath Lambert (éd. BLF).
  • 90 jours pour abandonner la pornographie cours en ligne et atelier proposés par Nicolas et Yaëlle Frei, orateurs et ex accros au porno.
  • Se libérer de la pornographie parcours thérapeutique digital mis en place par Thérèse Hargot, sexologue.

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Jeune chrétienne récemment convertie, Noémie Suzanne, alias sœur_co, réunit plus de 200 000 abonnés sur les réseaux sociaux. Son premier livre de méditations, construit comme un journal de vie au quotidien avec Dieu, aborde sans tabou…

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