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La joie, une réalité même dans la dépression

Isabelle souffre de dépression chronique, pathologie qui semble en complète contradiction avec le sentiment de joie. Cette agente administrative de 33 ans bénéficie aujourd’hui d’un traitement adapté. Pourtant, même au plus fort de ses souffrances, elle a connu des moments de joie.
Charlotte Moulin

Quand Isabelle était seule dans sa douleur, elle est toujours restée en dialogue avec Dieu. Il lui a ouvert des horizons et lui a permis d’expérimenter la joie régulièrement. «Garder la joie dans la maladie», explique-t-elle, «ça a été, pour moi, la preuve de la majesté, du pouvoir et du contrôle de Dieu sur tout».

Le contrôle total de Dieu, source de réconfort

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La joie qu’Isabelle a connue dans cette épreuve n’a pas été constante. «C’était quelques minutes ici et là», témoigne-t-elle. La pensée que Dieu seul règne «absolument sur tout» la réconfortait. Elle explique son état d’esprit à certains moments: «Je songeais à tout ce qui se passe dans le monde. Je voyais tout cela comme un ensemble de rouages que Dieu faisait tourner, dans un sens ou dans un autre, dans son intelligence infinie et dans son amour». Selon elle, sa dépression était l’un de ces rouages. «Ces considérations me transportaient de bonheur parfois», explique la jeune femme. «La joie est toujours venue quand je songeais à Dieu en voyant au-delà de ma maladie», ajoute-t-elle.

Une souffrance «insoutenable» qui a du prix devant Dieu

«Quand j’étais dans le gouffre, je ressentais une terrible souffrance à l’intérieur de moi. Le simple fait d’être en vie, l’optique d’une nouvelle journée était presque insoutenable par moment», se souvient Isabelle.

Durant ces mois intenses, elle est restée assise sur le bord de son lit des journées entières, paralysée par un profond découragement. «Je pensais beaucoup à Dieu, je priais. Même si j’avais du mal à le questionner, je savais qu’il permettait cette étape de vie pour une raison.»
Isabelle décrit une «bonne relation» avec Dieu durant cette période: «J’avais conscience que j’avais “une libre entrée dans le sanctuaire” (Hébreux 10,19), c’est-à-dire un accès direct à Dieu par la prière. Je savais aussi qu’il me voulait du bien, qu’il m’aimait. Ma dépression ne m’a pas séparée de ce que je savais de lui et de son caractère», constate-t-elle.

Par moment, elle dit avoir été «minée» par une culpabilité qu’elle ne s’expliquait pas. La jeune femme ne comprenait pas pourquoi elle souffrait. «D’autant que je ne souffrais pas directement pour Dieu, ce n’est pas comme si j’étais persécutée», explique-t-elle. «Mais j’étais convaincue, et je le suis encore, que ma souffrance avait un sens devant Dieu». Elle observe par ailleurs qu’aujourd’hui, quand elle a conscience d’aller bien, elle en perçoit toute la valeur.

Quelques pistes en cas de dépression

Aux femmes dépressives, Isabelle conseille de se rapprocher de Dieu «le plus possible». Selon elle, le plus important est de prier. «Et particulièrement demander: “Seigneur manifeste-toi à moi. Révèle-toi à moi.” Dieu répond. Au sein même de la dépression profonde, il m’a nourrie. Il présentait à mon esprit ce dont j’avais besoin, au fur et à mesure des heures qui passaient», atteste la jeune femme. Elle recommande aussi de ne pas être trop légaliste avec la lecture de la Bible. «Si le passage du jour est un Psaume de célébration par exemple, il y a de fortes chances que ça nous indiffère, voire nous enfonce encore plus», relève-t-elle. «Il vaut mieux chercher, je pense, des Psaumes de lamentation et des passages du Nouveau Testament qui parlent de la souffrance.»

Enfin, elle recommande de parler en toute sincérité, et surtout sans relativiser, à une personne de confiance qui saura écouter. «Je n’ai pas su le faire», reconnaît Isabelle. «Pourtant cela aurait été libérateur d’un point de vue émotionnel, même pour de courts moments.»

Dossier: La joie de l'Eternel est ma force

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