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«Une chapelle à soi» pour cultiver sa foi

© Getty Images
En tant que chrétienne, on peut parfois trouver des parallèles intéressants entre la vie de foi et des ouvrages laïcs. Et si Virginia Woolf pouvait nous faire réfléchir… à propos de Dieu?
Tiavina Kleber

Virginia Woolf a écrit Une chambre à soi (A Room of Ones Own, éd. Hogarth) en 1929 et l’essai est entré dans la postérité. En effet, toutes les œuvres qui sont aujourd’hui intitulées «Un … à soi» font référence au titre de l’essai. Considéré comme un pilier du féminisme du 20e siècle, l’ouvrage postule qu’avoir de l’argent et un endroit où l’on peut trouver un peu de solitude sont les deux conditions principales pour qu’une femme puisse écrire.

«Cultiver notre jardin»

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Transposé à la vie spirituelle, cette œuvre littéraire ressemble au scénario du film «Les Pouvoirs de la prière» («War Room»). Dans ce long-métrage, la protagoniste traverse une période compliquée et se crée un espace de prière dans son placard (la fameuse «war room» ou «salle de combat»). A l’intérieur, ses rencontres avec Dieu transforment sa vie.

Il est bénéfique de s’aménager un coin personnel pour y cultiver sa foi. Pas besoin d’une pièce entière, mais d’un simple coin de table, un fauteuil ou même un pan de mur pour y coller des sujets de prière ou des versets parlants… Dieu est toujours disponible et n’attend que nous pour passer un moment avec lui.

Choisir la bonne part

Au-delà du simple «jardin personnel», l’essai peut aussi être interprété comme une illustration de l’histoire biblique de Marthe et de Marie: alors que la première est accaparée par les tâches ménagères pour bien servir ses invités, la seconde écoute les enseignements de Jésus. Aux reproches agacés de Marthe, Jésus répond que «Marie a choisi la meilleure part». Une réponse inattendue, comme beaucoup de réponses de Jésus dans la Bible, au regard du contexte culturel de l’époque.

Accaparées par nos tâches, nous nous conditionnons à ne pas écrire (selon Virginia Woolf) ou à ne pas passer de temps avec Dieu (selon la Bible). Il est donc important de revoir ses priorités: a-t-on choisi la meilleure part?

Exiger du temps

Une chambre à soi conclut que lorsqu’une femme est empêchée de s’isoler pour poursuivre ses aspirations artistiques ou professionnelles, c’est la société qui en pâtit puisque celle-ci est privée de son génie. A nouveau, nous pouvons tirer un dernier parallèle avec la vie de foi.

En effet, lorsqu’une femme est empêchée d’entrer dans l’appel que Dieu a pour elle, c’est l’Eglise universelle qui en pâtit. Pour devenir tout ce que Dieu nous appelle à être, émancipons-nous du rôle social que l’on peut nous imposer. Et si nous engagions davantage notre partenaire ou nos enfants dans les tâches de service? Réclamons le temps qui nous est dû, car c’est Dieu qui nous attend dans notre «chambre à nous».

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