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Elles enseignent leurs enfants à la maison

Ecole à la maison
© iStock
Elles pratiquaient l’instruction en famille (IEF) bien avant l’apparition du Covid-19 et le confinement. Quelques mères racontent leur expérience.
Rhoda Bangerter

«L’école à la maison a toujours été une évidence», affirment Naomi et son époux, parents de huit enfants nés entre 2004 et 2017. Ils désirent vivre pleinement en famille et former leurs enfants selon ce que Christ leur met à cœur. C’est cette conviction qui les porte depuis seize ans.

«On est parfois tellement habitués au schéma de l’éducation laïque! On en oublie qu’il peut exister autre chose de bénéfique pour nos enfants qui peut vraiment fonctionner», témoigne pour sa part Anne-Lise. Elle enseigne ses quatre enfants à la maison depuis trois ans. Enfant, elle enviait une famille qui pratiquait l’IEF car à l’école, elle souffrait de moqueries et de harcèlement: «Dieu m’a relevée mais cela a nécessité de nombreuses années.» Il s’agit pour elle et son mari d’équiper leurs enfants avant de les «envoyer affronter la société».

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De son côté, Anne désire aussi fournir à ses enfants un «bagage conséquent» avant qu’ils ne soient confrontés au «monde». Elle a choisi l’IEF il y a trois ans suite aux témoignages d’autres familles chrétiennes, d’autant plus que son mari – professeur de musique pendant trois ans dans l’enseignement public – a constaté à quel point l’Etat veut imposer ses valeurs aux enfants.

Le fils de Nathalie a 11 ans et n’a jamais connu l’école publique. Il était d’abord allé à l’école chrétienne, puis le couple a opté pour l’IEF il y a quatre ans. Nathalie et son mari considèrent que cela reflète une cohérence avec leur foi.

Quelques inconvénients

Pour Anne-Lise, c’est une aventure passionnante, sans inconvénient. Elle avertit toutefois contre le risque de s’isoler «face à une société qui est hostile et inconfortable avec ce modèle». Nathalie la rejoint: «Les désavantages de l’IEF sont surtout liés au regard de l’autre! Certaines personnes ont de la peine à accepter ce mode d’instruction différent.» Et face à ceux qui pensent qu’éduquer ses enfants à la maison équivaut à les élever dans un cocon, elle ne se démonte pas: «Un papillon, avant de devenir magnifique et de prendre son envol, est tissé dans un cocon», réplique-t-elle.

Certaines personnes ont de la peine à accepter ce mode d’instruction différent.

Une maison souvent désordonnée, des enfants plus jeunes qui parfois détruisent le travail des plus grands, cela va souvent de pair avec l’IEF. Mais la fatigue d’être constamment sur tous les terrains est le «lot de toute maman», constate Anne. Pour Naomi, ce sont surtout les contrôles qui peuvent parfois être très lourds et «les lois françaises sont de plus en plus liberticides à ce sujet».

Des avantages

Toutes en sont convaincues: la liberté de fixer les règles, de choisir le rythme, la pédagogie, les priorités, ainsi que les dates de sorties ou de vacances est un grand avantage. De plus, l’enfant a la possibilité de progresser avec un suivi personnalisé, sans être constamment comparé aux autres.

Autre avantage: «Le gain de temps dans les apprentissages et une socialisation multiculturelle, multi-compétences, multigénérationnelle très riche», selon Naomi. L’IEF permet de «découvrir qu’il n’y a pas que les matières scolaires et les murs de l’école. Il y a tout un monde à explorer et des rencontres formidables qui marquent une vie», ajoute Anne-Lise.

craies de couleur

Une grande place peut également être octroyée à la transmission des valeurs chrétiennes dans le quotidien en travaillant le caractère en étudiant la Bible et en étant à l’écoute de Dieu. Pour
Nathalie, l’IEF, c’est créer un terreau fertile dans lequel les enfants peuvent «pousser». C’est aussi une école de la vie pour les parents qui voient ressortir certains traits de caractères indésirables chez eux!

Pour se lancer…

Se renseigner sur les sites IEF est utile mais «personnellement», partage Anne-Lise, «c’est au travers de la prière, de l’aide de proches, d’enseignants chrétiens et de conseils de plusieurs familles ayant fait l’expérience que j’ai trouvé mes réponses». Elle recommande de se familiariser avec la pédagogie chrétienne de Charlotte Mason et de lire Une vision pour la famille (éd. JEM) de Guy et Joële Zeller. Ce livre «met les mots sur l’importance de la famille, et apporte à la fois des conseils pratiques et des témoignages percutants».

«D’expérience, les familles veulent en faire trop et sont vite épuisées ou découragées», met en garde Naomi. «Or l’enfant sans handicap ou problèmes particuliers apprend très vite et très bien.» Se caler sur un rythme scolaire n’est pas nécessaire.

D’expérience, les familles veulent en faire trop et sont vite épuisées.

Inutile aussi de passer trop de temps à chercher des ressources. Mieux vaut en conserver un nombre limité mais apprécié. Chaque famille IEF construira ses méthodes au fil des années. D’ailleurs pour Naomi, «rien n’est figé, vous pouvez changer votre façon de faire en permanence».

Bien s’entourer

Il est surtout important de discuter avec son conjoint, avec son réseau et de passer du temps avec Jésus. «Quand c’est difficile, revenez aux fondamentaux: l’identité en Christ. L’instruction des enfants est secondaire si vous n’êtes pas bien dans vos baskets.»

Faire partie d’un groupe de familles IEF est primordial. «Nous nous retrouvons dans des ludothèques, dans des musées, des parcs, pour des sorties en pleine nature ou à la maison pour des ateliers et pour partager nos supports et expériences», raconte Anne. Elle conseille aussi de se rapprocher d’écoles chrétiennes existantes, comme l’Institut Supérieur Mathurin Cordier à Guebwiller (Alsace) qui organise des séminaires chaque année.

Enseigner ses enfants soi-même n’est pas une décision à prendre à la légère mais pour ces familles, le jeu en vaut la chandelle! «Persévérez et osez», encourage Anne-Lise.

Quelques ressources :

• L’association IDL regroupe des familles chrétiennes instruisantes. Elle tient une conférence dans le Lot et Garonne (France).

• Libres d’Apprendre et d’Instruire Autrement (LAIA).

• Choisir d’Instruire Son Enfant (CISE) regorge de liens utiles: inscription aux examens en tant que candidats libres, préparation aux examens, explication des différentes méthodes pédagogiques, une liste de discussions «profils spéciaux».

• Ecole à la Maison en Suisse fournit des kits de démarrage et des kits techniques.

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