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Qu’est-ce que Dieu m’appelle à donner?

La caractéristique principale de notre Dieu est le don. Et nous, que sommes-nous appelées à donner? Entretien avec Monique Cuany, théologienne et enseignante en histoire du christianisme à la HET-PRO (Haute Ecole de Théologie, en Suisse).
Sandrine Roulet

L’amour de Dieu se manifeste par le don. En quoi est-ce un exemple pour nous?
Effectivement, l’amour de Dieu est manifesté par-dessus tout par un don, le don de son fils Jésus (Jn. 3, 16). Plus incroyable encore, il s’est donné pour un monde qui l’avait rejeté.

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Ce qu’il est crucial de comprendre, c’est qu’avant d’être un exemple pour nous, le don de Dieu est d’abord une puissance qui agit en nous. Aucune de nous n’est capable d’imiter l’amour de Dieu naturellement. Notre capacité à aimer est limitée, et notre capacité à donner est menacée par nos propres insécurités. C’est seulement lorsque nous commençons à prendre la mesure de ce que Dieu a fait pour nous en « donnant » son fils, et à comprendre combien il nous aime, que notre cœur est transformé et que nous devenons capables d’aimer comme lui nous a aimé. Et de donner comme lui a donné.

Certains chrétiens emploient l’expression « donner son cœur à Dieu ». Qu’est-ce que cela signifie?
Le cœur, dans ce cas-là, ne désigne pas uniquement nos émotions, mais notre personne toute entière. Lorsqu’une personne « donne son cœur à Dieu », elle lui abandonne sa vie et de ce fait renonce à être elle-même le maître de sa vie pour reconnaître Jésus comme son Seigneur. La Bible n’utilise pas cette expression pour décrire la conversion. Mais elle nous appelle effectivement à renoncer à suivre nos propres voies (nous « repentir ») et à reconnaître Jésus mort et ressuscité comme le Sauveur mais aussi comme Seigneur de notre vie.

Au quotidien, pourquoi est-ce difficile de laisser à Dieu les rênes de sa vie?
L’une des causes fréquentes, c’est que nous doutons souvent que Dieu veut vraiment le meilleur pour nous. Ce doute concernant la bonté de Dieu affecte l’humanité depuis le jardin d’Eden. C’est là que, pour la première fois, Satan a fait douter Adam et Eve de la bonté de Dieu. Il leur a fait croire que si Dieu leur défendait de manger du fruit, c’était parce qu’il voulait les priver de quelque chose de bon, peut-être même les empêcher de réaliser leur plein potentiel.

Il est très difficile de s’abandonner à Dieu si nous doutons de sa bonté et de son amour pour nous. Mais plus nous connaissons Dieu, plus nous réalisons à quel point il nous a aimées; et plus nous aurons confiance en lui, plus il nous sera facile de nous abandonner à lui dans notre quotidien.


Puisque Dieu désire avoir une relation avec nous, pourquoi agit-on comme si nos bonnes œuvres étaient essentielles?
Nos bonnes œuvres sont souvent motivées par le désir d’être aimées et bénies par Dieu, de lui plaire. Ou par notre besoin continuel de « booster » notre estime de nous-mêmes: nous voulons être une personne bien, dont la vie vaut la peine. Dans la Bible, nous lisons que Dieu nous demande de pratiquer la justice et la charité. Le problème, c’est que nous ne sommes jamais sûres d’en avoir fait assez, et que malgré nos bonnes œuvres, nous continuons à commettre toutes sortes d’injustices. Vivre ainsi est très désécurisant et peut être décourageant.

Selon la Bible, la raison pour laquelle nous avons de la valeur et sommes aimées et bénies de Dieu, c’est parce que Jésus a vécu une vie parfaite qui plaît à Dieu et qu’il est mort à notre place pour payer le prix de nos injustices. C’est « en lui » que nous sommes infiniment aimées et que nous avons de la valeur. Nos œuvres ne jouent absolument aucun rôle dans cela. Comprendre cette vérité, c’est entrer dans le repos de Dieu!

On peut être déçue du manque de reconnaissance de notre Eglise, association, etc. Est-ce un sentiment légitime ou une mauvaise compréhension du don?
La Bible présente le service chrétien comme une réponse à l’amour de Dieu: parce qu’il nous a aimés, nous aimons. Et parce qu’il nous aime, nous avons la force d’aimer. Notre motivation dans le service devrait donc être notre amour de Jésus et notre reconnaissance envers lui. Comme le dit Paul, « faites tout pour le Seigneur » (Col. 3, 23).

Ceci dit, la Bible encourage également les chrétiens à « veiller les uns sur les autres pour nous inciter à l’amour et aux bonnes œuvres » (Héb. 10, 24). Il me semble qu’il y a là un appel à ce que les Eglises, pasteurs ou autres organisations trouvent des moyens pour encourager les bénévoles afin qu’ils ne se lassent pas et ne cessent pas de faire le bien.

Conséquence de la crise sanitaire, certaines auront peu de moyens pour faire des cadeaux cette année à Noël. Que pouvons-nous donner?
Je crois que ce que Gary Chapman écrit concernant l’amour est également valable concernant le don. Il y plusieurs moyens de donner: du temps, de la compagnie, un repas, un service, une carte avec des paroles encourageantes ou des paroles d’appréciation que nous n’avons jamais ou pas suffisamment dites, ou simplement une étreinte ou une accolade. Ne sous-estimons pas la valeur, ni la puissance, de tels cadeaux.

Dossier: Donner: Oui, mais comment?
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