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Marie de Béthanie, une femme de renom.

On ne sait rien d’elle sinon son attachement à Jésus et sa capa- cité à ne pas se laisser influencer par le qu’en-dira-t-on. Portrait.
Rachel Gamper

Les soldats viennent de se moquer de lui et de le revêtir d’une couronne d’épines après l’avoir fouetté. On lui remet son manteau.

Mais voilà qu’avec ce geste, la douce odeur parvient à ses narines: seul un nard pur pourrait avoir raison du sang séché et de la transpiration mêlés au crachat…

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Ce parfum entêtant l’a déjà accompagné dans le jardin de Gethsémané et sa trahison; devant le tribunal religieux et ses faux témoins; devant Pilate et sa perplexité; devant Hérode et son mépris; pour finir de nouveau devant Pilate et sa condamnation.

Le nard offert

Ce parfum l’enveloppe, en fait, depuis six jours avant la Pâque. Jésus est de nouveau invité pour un repas servi par Marthe, cette femme toujours très active. Mais contrairement à la première fois (Luc 10, 38-42), elle ne se plaint pas de l’absence de sa sœur à ses côtés. Celle-ci est pourtant de nouveau installée aux pieds de Jésus et lui verse même un flacon entier de parfum sur la tête et les pieds. Au grand dam de Judas Iscariot et de quelques autres disciples, Jésus défend son geste en parlant de sa prochaine inhumation .

Dans les récits de Matthieu et de Marc, le parfum est versé deux jours avant la Pâque alors que d’après Jean, c’est six jours avant. Il n’y a pas d’erreur. A l’époque, il y avait deux calendriers: celui des pharisiens et celui des Esséniens. Les deux indications sont donc justes.

Le nard d’un roi

Cette mort annoncée tombe rapidement aux oubliettes. Dès le lendemain, la foule encore éblouie par la résurrection de Lazare tient à accompagner Jésus en grande pompe jusqu’à l’entrée de Jérusa- lem en criant des « Hosanna » et en jonchant son passage de branches de palmiers. Là aussi, le nard pur ef eure les narines de tous les passants. Mais cela surprend moins, étant donné le côté princier de l’occasion.

Le nard du sacrifice

Comment Marie aurait-elle pu imaginer à quel point son propre sacri ce d’une année de salaire d’ouvrier, trois cent deniers, pourrait apporter, quelques jours plus tard, un discret soutien à celui qui accomplissait le sacri ce suprême, le don de sa propre vie, pour ouvrir la voie vers Dieu?

Le nard, une première étape

Pourtant, il faut croire que l’engagement de cette femme ne s’est pas arrêté au parfum. En effet, alors que les évangiles de Matthieu et de Marc évoquent une femme anonyme qui verse du parfum sur Jésus dans la maison de Simon

le lépreux, l’Evangile de Jean – le dernier à être rédigé – ne mentionne pas le nom de

l’hôte mais insiste dans deux chapitres sur l’identité de cette femme (Jn. 11 et 12).

Quelques années après les événements, cette femme est donc mieux connue que son hôte, ce qui n’aurait pas été le cas si elle avait cessé de

servir le Seigneur durant les années de persé- cution aux débuts de l’Eglise. Oui, comme Jésus l’avait annoncé (Mc. 14, 9), on parle encore aujourd’hui de cette femme loin

d’être anonyme: Marie de Béthanie.

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