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«Fais ça vite et bien, dépêche-toi!»

Une femme boit un café à la va-vite au-dessus du plan de travail de sa cuisine. Elle est habillée, prête à partir.
© Getty Images
«Dépêche-toi, sois forte, fais plaisir!» Tout autant de messages contraignants (ce qu'on appelle les «drivers») auxquels nous nous astreignons sans le savoir. Clés pour casser le cercle vicieux.
Tiavina Kleber

«J’ai besoin d’apprendre à ralentir et à apprécier le moment présent!» Anita, quarante-trois ans et mère au foyer, s’occupe d’une famille de quatre enfants de sept à quatorze ans. Il est difficile d’amener cette ancienne cadre de la fonction publique hyperactive à se poser pour un café et un entretien sur ses bonnes résolutions. «Je suis toujours rattrapée par ma réalité de maman au foyer et très vite, je replonge dans un cycle épuisant de frustration et de fatigue», explique-t-elle.

L’être humain n’est pas complètement rationnel. Il ne suffit pas simplement de bonne volonté pour ajuster nos comportements et nous avons besoin de Dieu. En effet, Jésus a dit: «Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos» (Mat. 11, 28).

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Vivre au rythme de Dieu

«Dépêche-toi!» fait partie des cinq drivers ou «messages contraignants» formulés par le psychologue américain Taibi Kahler. Des injonctions qui nous «pilotent» et que nous entendons depuis notre plus jeune âge dans une société qui valorise la productivité. Notre quotidien peut parfois devenir une succession de délais à respecter, de créneaux, de cases à remplir. C’est ce que vit Anita: «J’arrive à trouver mon rythme et à jongler avec beaucoup de choses, mais j’ai l’impression qu’il faut toujours faire plus vite pour contenter tout le monde. Si je cours, j’ai le temps d’être au four et au moulin, alors que je n’ai pas besoin d’être au four et au moulin!»

Jésus n’a pas cédé à l’injonction de se dépêcher, même lorsque la vie de son ami Lazare était en jeu (Jn. 11, 1-44). Le témoignage d’Anita fait écho aux enseignements bibliques qui soulignent que notre valeur est attachée à notre identité d’enfants de Dieu, et non pas à ce que nous accomplissons durant le temps que nous sommes sur Terre.

Je ne suis pas ce que je fais

Anita fait partie des nombreuses femmes au foyer qui ont fait un burn-out pendant la pandémie de Covid-19. Elle fait donc plus attention à sa cadence. «Pour être pleinement présente pour ma famille, je dois me rappeler que je n’ai pas besoin de faire mes preuves en allant toujours plus vite. Quelle course est-ce que j’essaie de gagner? Je n’ai pas besoin de courir pour être avec mes enfants! J’ai besoin de ralentir, au contraire!»

Tout est une question de perspective. Anita a eu une épiphanie au sujet de sa valeur personnelle: «Ma famille m’aime telle que je suis. Cela ne fait pas de différence si nous avons passé le week-end à la maison ou si nous avons calé cinquante activités dans l’agenda. L’essentiel, c’est la force du lien que je tisse avec mes enfants. Je ne veux pas qu’ils croient qu’ils n’ont de la valeur à mes yeux que s’ils sont productifs.» «Dépêche-toi» n’est une injonction valide qu’en cas d’urgence et l’urgence ne doit pas devenir la norme.

Sois parfaite? Non! Sois fidèle!

«Fais plaisir, dépêche-toi, sois parfaite, fais des efforts!» Tout autant de messages contraignants, ce qu'on appelle les «drivers», auxquels nous nous astreignons sans le savoir. Comment appréhender l’injonction de perfection que bon nombre d’entre nous…

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