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Recourir à la PMA… par la foi?

© Istockphoto
Lorsqu’un diagnostic d’infertilité est posé, comment envisager un recours à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) au regard de la foi? Témoignages de Naomi, mère de deux petites filles, et de Stéphanie, mère de trois enfants, toutes deux proches de la quarantaine.
Sandrine Roulet

Quand Naomi rencontre son bien-aimé, il lui confie d’emblée qu’il pourrait avoir des difficultés à enfanter en raison d’un problème de santé dans son enfance. Mais la jeune chrétienne ne s’inquiète pas: dès son adolescence, elle a reçu la promesse qu’elle serait mère: « Je pensais que Dieu était bien au-dessus de ce problème de fécondité. »

Mais en effet, après une attente de plusieurs mois, les examens médicaux confirment une forte infertilité: « Dans notre cas, c’était une évidence de recourir à la médecine pour concevoir », partage Naomi. Ils ont bien envisagé l’adoption, mais attendre 35 ans comme le veut la procédure en Suisse leur semble une éternité. N’arrivant pas à se projeter sans enfants, c’est donc naturellement qu’ils sollicitent l’aide des médecins: « Les traitements sont très lourds et mon corps a changé à jamais. Mais j’avais la paix que c’était le chemin à suivre », partage Naomi.

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Un processus réflexif approfondi

Pour Stéphanie et son mari, au contraire, recourir à la PMA est loin d’être une évidence. D’abord, parce que des chrétiens proches ne se sentent pas à l’aise avec cette méthode, mais aussi parce qu’elle soulève quantité de questions: « Si nous envisageons cette solution, manquons-nous de foi? Pensons-nous que Dieu n’est pas assez puissant pour nous accorder un miracle? Est-ce sa volonté que nous n’ayons pas d’enfants? Utiliser des techniques médicales, est-ce un moyen de lui forcer la main? »

« Il a fallu sonder les tenants et aboutissants de ces questions. Et au sein de notre douleur, confronter les désirs de nos cœurs aux principes éthiques et moraux de la Bible », se souvient
Stéphanie. Deux éléments sont déterminants. D’abord, un concours de circonstances leur montre que Dieu les précède: « Il nous permettait d’emprunter ce chemin avec la paix et dans le respect de nos convictions et de notre attachement à Christ ». Ensuite, l’approche éthique de leur gynécologue et de son équipe les rassure. Stéphanie et son mari acquièrent la conviction intérieure qui leur était nécessaire, sachant que « tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché » (Rom. 14, 23).

Pas d’embryons surnuméraires

Dans cette démarche de PMA, chacun des couples s’est fixé des limites très claires. « Je ne voulais aucun embryon surnuméraire ; en aucun cas devoir sélectionner lequel implanter, ni congeler un embryon, ni le détruire », affirme Naomi. Considérant que la vie débute à la fécondation, elle ne pouvait pas imaginer que l’un de ses enfants, aussi minuscule soit-il, puisse être congelé pendant des années, voire détruit.

La jeune femme pensait aussi à son futur enfant: « Que penserait-il d’avoir été implanté et pas l’embryon à côté de lui? » Et d’assurer: « A aucun moment, je ne juge ceux qui pensent ou font différemment. C’était juste notre décision et condition pour poursuivre les démarches médicales. » Face à cette restriction, les médecins leur ont ri au nez et ont essayé de leur faire changer d’avis: « Mais contre tout pronostic, Dieu a permis que cela aboutisse à la vie », se réjouit Naomi.

Une sélection… sélective

Pour Stéphanie et son conjoint, il était également hors de question de détruire des embryons, de faire un don à la médecine ou « une réduction » en cas de grossesse multiple. « Car l’embryon est un être façonné par Dieu et sous son regard, dès les premiers instants » (Ps. 139, 15). Tout en ajoutant que Dieu seul est le maître de la vie et de la mort 
(Deut. 32, 39). « Ce qui est important, c’est de ne pas se méprendre sur celui qui est à l’origine de la vie, de placer sa foi dans la bonne personne

  • Dieu, et non pas la science ou le spécialiste – et de manifester la reconnaissance qui lui est dûe », insiste Stéphanie.

En revanche, le couple n’a pas été gêné par la sélection de spermatozoïdes et d’ovules, car il l’a abordé comme ce que la nature fait elle-même: réunir les gamètes et conditions les plus susceptibles de donner la vie, et non pas pour choisir le sexe de l’enfant ou éliminer un handicap: « Nous avons souhaité que la totalité de nos embryons soient réimplantés », précise la chrétienne française.

Pour Naomi comme pour Stéphanie, la joie de devenir mamans a été au rendez-vous de leur parcours de combattantes.

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Un combat de la foi

Pour Naomi, le plus difficile a été de rester dans la confiance alors qu’elle doit sans cesse contrôler son corps: « Comment tout lâcher à Dieu en ayant onze contrôles sur dix-sept jours, tout en devant calculer, mesurer, et anticiper les aspects cliniques? » Après trois fausses-couches, son médecin lui propose de faire un dépistage sur les embryons, afin de choisir celui qui serait exempt de maladie. Mais pour le couple, c’est inconcevable.
Lors de leur ultime tentative, donc, Naomi et son mari tentent à nouveau une fécondation sur un seul ovule. « Nous n’avions guère de probabilité que cela aboutisse à un enfant viable. Mais Dieu avait un plan de bonheur.
Une pure grâce! »

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