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Quand je suis fâchée contre Dieu…

Qui n’a jamais ressenti de colère face aux agissements de Dieu dans sa vie ou dans le monde ? Décryptage par Johanna.
Johanna

P eut-on être fâchée contre Dieu ? Que ce soit une bouderie passagère, une vieille rancœur ou encore une explosion de colère, la question n’est finalement pas tant de savoir si l’on peut s’emporter contre Dieu. Il est plus important de savoir si cela est sain et, surtout, comment en sortir.

Ai-je le droit de me fâcher ?

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Reconnaître que l’on est fâchée contre Dieu, c’est, en quelque sorte, s’admettre à soi-même que Dieu n’a pas agi dans le sens que nous souhaitions, qu’il n’a pas satis- fait une attente, ou encore qu’il n’a pas exaucé notre prière. Bref, qu’il nous a déçue. Forcément, un tel sentiment, s’agissant de Dieu, interroge: peut- on dire une telle chose sans risquer de blasphémer ? Le psalmiste nous apporte un élément de réponse. David, celui dont la Bible nous dit qu’il était un homme selon le cœur de Dieu (Ac. 13, 22), nous a laissé une quantité d’œuvres d’une franchise parfois déconcertante. Sans détour, il livre son cœur à vif: son sentiment d’abandon et d’injustice, ainsi que son incompréhension vis-à-vis de Dieu. Preuve que, non seulement, Dieu ne censure pas notre expression, mais qu’il accueille avec bienveillance nos émotions. Il est donc sain d’être vrai devant Dieu.

Que faire de la colère ?

Se refuser à rechercher les raisons de notre colère au motif que celle- ci serait malsaine en soi, c’est d’abord inhiber un mécanisme que le Créateur a jugé bon de placer dans l’être humain. Mais c’est aussi se retrancher dans un déni dangereux pour sa santé comme pour sa communion avec Dieu. En effet, comme toutes les émotions, la colère est un signal, une sorte d’indication sur notre état intérieur. Derrière la colère se cache un désir insatisfait, une épreuve incomprise ou encore une prière non exaucée qui refait surface. Bien sûr, s’il nous faut écouter ce que la colère nous révèle, il ne faut pas non plus lui donner le dernier mot. Il convient d’en sortir. Et justement, le remède à la colère se trouve dans l’authenticité. Comme dans la relation de couple, c’est dans la communication qu’on peut dépasser cet état. C’est d’autant plus vrai s’agissant de Dieu. En effet, aussi paradoxal que cela puisse paraître, celui qui concentre notre frustration est aussi celui en qui nous pouvons trouver notre apaisement.

Quels sont les bénéfices de la colère ?
Si l’on revient à l’exemple de David, la structuration des Psaumes dévoile un cheminement thérapeutique puissant: dans un premier temps, il commence par exprimer ses pensées de manière brute, sans rien cacher de ses états d’âme, ses impressions, ses ressentis. Puis, vient le temps du repositionnement: à un moment donné, on voit la tonalité de son récit changer, l’espoir être ravivé, sa vision s’éclairer pour parvenir à voir Dieu au travers du brouillard de sa douleur. C’est comme si Dieu avait recueilli chacune de ses complaintes pour les trans- former en proclamation de foi, en chant de joie.
Voilà pourquoi, si on l’exprime sainement, la colère peut être particulièrement bénéfique pour notre relation avec Dieu. Car la colère extériorisée permet une mise à nu de soi. Elle vient aussi mettre en lumière la représentation que l’on peut avoir de Dieu: parfois un Dieu- petit-génie qui se doit de répondre à tous nos desiderata; ou bien un Dieu-assurance-tous-risques qui nous doit une protection intégrale; ou encore, plus subtilement, un Dieu-tellement-tout-puissant qu’une absence d’action en notre faveur n’est pas envisageable.

Quand on accueille la colère…

Ainsi, la colère devient une forme de désillusion salvatrice. Job a pu dire après des temps d’in- soutenables épreuves: « Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon œil t’a vu » (Job 42, 5). A son instar, lorsque la fausse image qu’on s’était faite de Dieu tombe, une vision plus proche de la réalité peut alors prendre place et nous rapprocher de qui il est vraiment.

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