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«Fais plaisir et tais-toi!»

Une femme vient de sortir de sa voiture. Elle est au téléphone d'une main et porte son bébé sur le bras.
© Getty Images
«Dépêche-toi, sois forte, fais plaisir!» Tout autant de messages contraignants (ce qu'on appelle les «drivers») auxquels nous nous astreignons sans le savoir. Clés pour casser le cercle vicieux.
Anlo Piquet

L’injonction «fais plaisir!» est courante chez les femmes. Sans doute parce qu’elle est véhiculée depuis l’enfance et parce qu’elle est appréciée en collectivité. Une femme «fais plaisir» est altruiste, attentionnée et n’hésite pas à rendre service. Elle semble incarner le verset «Aime ton prochain comme toi-même» (Mc. 12, 31). La première partie du moins, puisqu’elle n’hésitera pas à renoncer à ses propres projets pour traverser la ville et remonter le moral à une amie. Quant à la deuxième partie: est-ce qu’elle s’aime? Pour s’aimer, ne faut-il pas se connaître?

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Aime ton prochain plus que toi-même

Mélinda Fréchet, conseillère en connaissance de soi, met en garde: «Quand l’injonction “fais plaisir” forge l’identité d’une femme, répondre aux besoins de l’autre concentre toute son attention au point que ses propres besoins n’ont plus d’importance. Comment se sent-elle et de quoi a-t-elle envie? Non seulement elle ne se pose pas la question, mais ça ne l’intéresse pas.»

En résumé, elle s’aime si l’autre l’aime. Et elle pense que l’autre l’aimera si elle l’aide. Pour Mélinda Fréchet, on touche à un point sensible pour les chrétiennes: son aide est-elle gratuite? Une «fais plaisir» qui se sacrifie beaucoup pour aider peut s’attendre à ce qu’on lui rende la pareille avec la même démesure. Elle sait devancer les besoins de l’autre, mais peut lui en vouloir de ne pas deviner les siens, qu’elle ne formule pas. Frustrée, elle est souvent déçue dans ses relations.

Changer de paradigme

Caroline, une jeune conductrice de louange, travaille sur cela. Elle confie: «Lorsqu’il a fallu gérer un conflit au sein de l’équipe musicale, j’étais terrorisée et j’ai demandé à Dieu de me montrer comment faire. J’ai alors été témoin d’une situation particulière: j’ai vu un ami a régler un malentendu par sa seule bienveillance. Je m’en suis inspirée. Non seulement la personne que j’ai confrontée ne m’a pas rejetée, mais ça a renforcé la confiance entre nous!»

Pour chérir ses qualités de serviabilité sans tomber dans l’excès qui conduit à la frustration, voici les pistes que livre Caroline:

– Je me demande régulièrement comment je me sens, de quoi j’ai besoin.

– Je m’entraîne à dire non. Au début je le faisais mal, avec un ton trop sec. Mais je m’adoucis avec la pratique!

– J’apprends à demander. Des petites choses au début, comme du sel à ma collègue qui se trouve à l’autre bout de la table. J’ose déranger!

– Je vérifie mes motivations: suis-je désintéressée quand j’aide cette personne?

– J’essaie d’être patiente avec moi-même et je demande la prière et le soutien de mes proches dans ce domaine.

– Surtout (et c’est le plus important), je me rappelle que Dieu m’aime telle que je suis et non pas pour ce que je fais.

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