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L’humilité : simple, mais pas facile

Humilité
© iStock
Pour être humble, s’agit-il de se laisser écraser, ne pas avoir d’avis? Rien à voir! Quelques pistes pour trouver sa voie vers cette ultime qualité.
Nadia Léchot

Dans l’Evangile de Luc, Jésus met en scène deux hommes qui se rendent au temple pour prier. Le premier fait partie des pharisiens, un groupe religieux très strict dans sa façon d’observer la loi de Dieu. Cet homme se considère comme juste devant le Tout-puissant. Il est fier de son mode de vie.

Le métier du deuxième homme, un collecteur d’impôts, suggère un manque d’honnêteté dans la culture de l’époque. Celui-ci n’ose même pas s’approcher de Dieu et lever les yeux vers lui. Il ne peut que supplier Dieu d’avoir pitié de lui, un «pécheur»… Contre toute attente, c’est ce deuxième homme que Jésus qualifie de juste et non le pharisien.

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Dans lequel de ces deux personnages nous reconnaissons-nous? Est-ce que nous nous approchons de Dieu avec une certaine fierté de qui nous sommes et de nos bonnes actions? «Certes, je ne suis pas parfaite, mais finalement je me débrouille plutôt bien.» Ou alors reconnaissons-nous que notre état spirituel est misérable devant lui?

Etre pauvre en esprit?

«Heureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux est à eux», annonce Jésus dans son fameux «Sermon sur la montagne». Pour Jerry Bridges, auteur de La bénédiction de l’humilité (éd. CLC), le mot «pauvre» désigne ici une personne «complètement démunie et impuissante face à son état».

Jésus considère donc comme «heureux» celui qui voit la misère de sa condition spirituelle: une nature profondément empreinte du péché face à un Dieu infiniment saint. C’était le cas du collecteur d’impôt qui n’osait pas lever les yeux vers le ciel.

Discerner sa misère spirituelle

On reconnaît évidemment cette prise de conscience comme «une porte à franchir pour être sauvé». Mais est-elle uniquement réservée pour le jour de la conversion? «Il devrait s’agir d’une disposition de cœur permanente pour celui qui progresse spirituellement», explique Jerry Bridges. Pour lui, c’est plutôt «un sentier sur lequel on marche toute notre vie».

Avec le temps, nos yeux s’ouvrent de plus en plus sur notre nature.

En effet, avec le temps, nos yeux s’ouvrent de plus en plus sur notre nature. Nous percevons des éléments plus discrets, plus profonds, qui ne plaisent pas à Dieu: l’égoïsme, l’orgueil, la jalousie, l’envie, le jugement… «Même les plus belles actions sont mêlées à des motivations qui ne sont pas toujours bonnes», relève l’auteur. Considérer sa pauvreté spirituelle devant Dieu consiste donc en une disposition de cœur continuelle. Et «c’est là que l’humilité commence», souligne Jerry Bridges. En effet, nous reconnaissons à partir de ce moment notre continuel besoin de Dieu.

Comment être transformée?

Dieu ne veut pas nous laisser dans notre pauvreté spirituelle mais il désire nous transformer et nous ouvrir le royaume des cieux. En quoi cette attitude d’humilité influence-t-elle notre quotidien?

1. Reconnaître son besoin de changement

Il nous faut avoir «faim et soif de la justice», selon Jerry Bridges qui cite les paroles de Jésus. Peut-être cherchons-nous à nous débarrasser d’une mauvaise habitude? Ou avons-nous du mal à aimer notre prochain? Un collègue, un voisin… Peut-être que l’amertume, la jalousie empoisonnent lentement notre cœur? Nous n’arrivons pas, par nos propres efforts, à faire mieux. L’humilité nous conduit à tourner les yeux vers Dieu qui, seul, peut transformer notre cœur en profondeur. «Nous sommes complètement dépendants de l’Esprit saint qui œuvre en nous», rappelle l’auteur.

2. Vivre pour Dieu

Par nature, nous fonctionnons en étant au centre de notre vie. Tout tourne autour de nous. «Nos désirs, nos motivations, nos émotions et nos prises de décisions sont centrés sur notre personne», explique Jerry Bridges. Sur le chemin de l’humilité, notre perspective change: Dieu prend petit à petit la place qui lui est due: le centre, la place d’honneur dans tous les domaines de notre vie. Nous apprenons à «ne plus vivre pour nous-mêmes mais pour celui qui est mort pour nous».

3. Reconnaître son ignorance

Se considérer comme «pauvre en esprit», c’est aussi reconnaître notre ignorance. Notre esprit humain est limité et nous ne pouvons pas comprendre par nous-mêmes la personne et les œuvres de Dieu. Spirituellement, nous sommes aveugles. Là encore, nous avons besoin de Dieu, qui seul peut ouvrir nos yeux. Il nous révèle une réalité complètement nouvelle, merveilleuse.

Dieu seul peut ouvrir nos yeux.

Jerry Bridges parle d’une «intelligence transformée par la lecture de la Bible». Notre regard sur les autres et sur les relations change également. Nous réalisons que nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Devant Dieu, nous nous trouvons tous au même niveau. Quand on comprend avec quelle grâce et quel amour Dieu nous accueille dans notre imperfection, pouvons-nous nous permettre d’être durs et exigeants envers les autres? «Nous sommes appelés à faire preuve de miséricorde à la lumière de celle que Dieu a manifesté envers nous», explique Jerry Bridges.

4. Recevoir la grâce

Finalement, cette disposition de cœur nous pousse à nous «approprier l’Evangile quotidiennement», relève l’auteur. «Jésus vécut une vie que nous n’aurions pu vivre et souffrit une mort que nous méritions.» C’est grâce à l’œuvre accomplie par Jésus à notre place que nous pouvons passer d’un état spirituel misérable au royaume des cieux. Jésus nous offre une richesse spirituelle. Se reconnaître comme «pauvre en esprit» nous rend donc bien disposés à recevoir cette grâce quotidiennement.

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