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Course d´obstacles

Marie-Françoise Lubeth a fait partie de la délégation française d´athlétisme aux JO de 1984. Mais sa passion de toujours est la médecine. Retour sur une vie mouvementée

Vous venez de publier un livre autobiographique, « Sprinteuse de Dieu ». Or il y a plus que l´athlétisme : vous avez mené de front plusieurs vies. Qu´est-ce qui vous tient le plus à coeur dans ce que vous avez accompli ?
Ma vie de mère de famille et ma vie professionnelle de chirurgienne en hôpital. Je crois que la mission première, pour une femme qui veut une famille et une carrière, est de tout faire pour ne pas regretter ses choix. Pour ma part, quels qu´aient été les événements de ma vie, je ne les regrette pas. De plus, avoir Dieu dans ma vie me permet de prendre du recul sur toutes mes activités et de donner la priorité à ce qui le mérite.

En 1984, vous avez fait le voyage de Los Angeles pour les Jeux Olympiques. quel souvenir en gardez-vous ?
Il n´était pas prévu que j´aille aux Jeux. Les sélections étaient quasiment bouclées mais officiellement, le dernier jour des sélections était le Championnat de France. Je me suis qualifiée en terminant troisième du deux cents mètres, en battant des filles qui avaient déjà leur sélection en poche. Compte tenu de ma performance, les officiels de la fédération étaient obligés de m´emmener à Los Angeles. Cependant, ils m´ont informée que je ne courrais pas les courses. Je n´en croyais pas mes oreilles. Effectivement, sur place, on ne m´a pas donné ma chance de courir pour mon pays. J´étais déçue, mais la joie d´être qualifiée malgré les résistances a pris le dessus et j´ai relativisé. Tant de sportifs rêvent de cet événement. Moi, j´ai eu l´occasion d´y participer.
–CREDIT–

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On met souvent en parallèle sport et foi. De votre carrière de sportive,
quelles leçons avez-vous apprises ?

Je n´étais pas du tout pratiquante à l´époque, mais les valeurs authentiques
étaient présentes. J´ai appris à travailler avec persévérance pour atteindre un objectif. L´effort et les souffrances étaient le prix à payer pour obtenir des résultats dont je suis fière aujourd´hui. J´ai réalisé que, même sans médaille, le dépassement de soi et la joie des performances après le travail accompli aboutissent à une meilleure estime de soi.


Dans le milieu du sport de haut niveau, les enjeux sont énormes et les tentations nombreuses. Certains craquent et trichent. Le phénomène est
complexe et l´entourage des sportifs joue aussi un grand rôle. Toutefois, je pense que l´on peut rester « propre ». La vie chrétienne n´est pas une religion mais une façon de vivre. Quel que soit le milieu où l´on évolue, on peut être le témoin de la Bonne Nouvelle.

Pourquoi avoir ensuite renoncé à votre carrière sportive ?
Dès l´adolescence, je me destinais à travailler pour « Médecins sans Frontières ». Mais par la suite, j´ai été attirée par la gynécologie obstétrique.
M´occuper des femmes me passionne. En tant que chirurgienne, je vois les effets immédiats de ma prise en charge, mais je m´occupe également
de leurs problèmes psychosociaux. De plus, sauver des vies est très gratifiant. À l´inverse, le sport a toujours été un loisir ! J´ai arrêté le haut niveau car mon métier devenait de plus en plus pénible, notamment les gardes de vingt-quatre heures. D´autre part, je pensais à ma vie de famille et je désirais un enfant.

Un jour, Dieu a croisé votre chemin. Parlez-nous de cette rencontre.
J´ai véritablement ouvert mon coeur à Dieu lors de ma deuxième grossesse. Une amie me parlait de Jésus depuis dix ans. Peu après l´accouchement, mon mari m´a quittée. Ces moments ont été très durs car je ne pensais pas m´en sortir toute seule. J´ai même pensé à la mort. C´est alors que j´ai
vraiment expérimenté l´amour et la consolation de Dieu, jour après jour. Ma rencontre avec le Christ a permis de combler le vide que j´avais dans le
coeur et que rien ne pouvait combler. Ma structure tout entière a changé et continue de changer plus je connais Dieu : je suis plus joyeuse, plus apte à
apprécier la vie.

Vous avez connu la trahison et la maladie. Comment avez-vous surmonté ces épreuves ?
En m´accrochant très fort à Dieu et en m´appuyant sur ses promesses, en toute simplicité, comme un enfant qui écoute son père ou sa mère. J´ai proclamé que Dieu avait le pouvoir de me consoler et de remplacer les larmes par la joie et la paix. En lui faisant confiance, j´ai été capable de me réjouir
de ses bienfaits et j´ai appris à me contenter de ce qu´il me donne, même si ce n´est pas toujours facile. J´ai beaucoup pleuré, mais j´ai toujours reçu
la paix divine et réussi à m´endormir.

Vous avez été secrétaire générale de la Communauté des églises d´expressions Africaines de France (CEAF) pendant de nombreuses années.
Comment voyez-vous la place des femmes dans l´église ?

Jésus a été le premier libérateur de la femme. Quand on lit la Bible, la femme a un rôle très important dans les premières communautés chrétiennes
dans la mesure où on lui donne l´occasion de montrer ses compétences et ses talents. Je pense que les choses évoluent dans le bon sens, mais lentement. De plus en plus de femmes ont des responsabilités mais on est
loin de la parité. D´ailleurs, est-ce utile d´obtenir la parité dans les Églises ? Le débat reste ouvert. Toujours est-il qu´une femme essaie toujours de remplir au mieux la mission qu´on lui confie.

SpirituElles

Article tiré du numéro SpirituElles – Septembre à Novembre 2008


11´48´´ sur cent mètres / 3 questions perso

11´48´´ sur cent mètres Marie-Françoise Lubeth est classée parmi les Françaises les plus rapides du siècle, avec son record personnel de 11´48´´ sur cent mètres. Lors des championnats de France de 1984, elle a signé le troisième meilleur temps au 200 mètres et obtenu la cinquième place au 100 mètres. Par ailleurs, elle a aussi obtenu des victoires d´équipe lors de relais 4×100 mètres. 3 questions perso Votre verset préféré ? La bienveillance de l´Éternel n´est pas épuisée et ses compassions ne sont pas à leur terme. Elles se renouvellent chaque matin (Lam. 3,22). Une scène biblique favorite ? Lorsque la femme pleure aux pieds de Jésus et essuie les larmes sur ses pieds avec ses cheveux. Votre plus grande tentation ? La paresse.

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